Je suis écrivain

Republication d’un vieil écrit pour lequel j’ai un attachement particulier. Il s’agit d’un petit texte sans prétention que j’ai écris au moment où j’ai créé ce blog, il y a de ça de nombreuses années, et qui m’a permis de surmonter un moment où je ne voulais plus écrire parce que je trouvais mes histoires bien trop mauvaises pour être écrites (un problème récurrent chez moi XD). C’est pas forcément bien écrit, peut-être tourné maladroitement, mais l’intention est là ^^ Bonne lecture ! (suite…)

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Se tromper, ça arrive à tout le monde

J’ai longtemps cru que j’avais enfin trouvé une bonne discipline concernant l’écriture. Que j’avais trouvé l’art et la manière de passer outre le besoin d’inspiration pour écrire quotidiennement (merci au Nanowrimo, au projet presque-Bradbury et à mon cher entourage d’autrices formidables). Que grâce à une organisation complète pré-écriture, écrire un roman complet serait super facile.

Spoiler : je me suis trompée.

La cause principale : ma dépression sévère. Je ne rentrerais pas dans les détails, mais elle est à l’origine de l’amputation de trois longues années de ma vie d’écrivain. J’étais si occupée à tenter de fonctionner comme un être humain basique et à donner le change dans mon travail salarié que l’écriture était le cadet de mes soucis.

Sauf que.

Lorsque l’on perd l’habitude de faire quelque chose, revenir sur les rails est terriblement difficile.

J’ai tenté à plusieurs reprises ces deux dernières années de reprendre l’écriture, espérant (enfin) autopublier mon premier roman. Mon but était de créer une source de revenus en complément de mon travail salarié, et de voir si je pouvais espérer un jour tenter l’aventure d’écrire à plein temps. J’avais la folie des grandeurs, inspirée par le succès de l’autrice Jupiter Phaeton et d’autres pandauteurs.

Cela aurait pu fonctionner, à un détail près : je me suis trop mis la pression. Et avec moi, la pression passe mal. Je suis une professionnelle de l’anxiété et du stress chronique au quotidien, et m’ajouter encore plus de contraintes m’a fait encore plus de mal, alors que j’aurais dû lâcher du lest pour me concentrer sur le plaisir d’écrire.

Résultat : non seulement je n’ai toujours pas écrit mon premier roman (et je me suis beaucoup flagellée pour ça), mais en plus, je me suis dégoûtée de ce que j’avais rédigé jusque là. Tout était bon pour dénigrer mes textes : 

  • ils étaient insuffisamment travaillés pour mériter d’être publiés,
  • mon premier roman était si peu imaginatif qu’il était juste bon pour la poubelle (après avoir réécrit le début trois fois),
  • je n’étais de toute façon qu’une autrice ratée dont personne n’aimerait les histoires.

Cela dit, cette expérience m’aura appris une chose : même avec tous les efforts du monde, si je veux m’amuser en écrivant, je suis obligée de renoncer (du moins pour le premier jet) à mon envie d’être une autrice architecte.

J’ai toujours admiré les gens s’organisant à fond dans leurs préparations de romans, créant des fiches de personnages par-ci, des mondes complets et très détaillés par-là. J’ai tenté de les imiter, me disant que c’était la bonne façon de faire si je voulais un jour envisager de pouvoir vivre de mes romans. Malheureusement, tout le monde ne fonctionne pas de la même façon, et je me suis retrouvée à prioriser la logique et créer quelque chose de nouveau plutôt que de me focaliser sur une histoire que j’avais vraiment envie d’écrire. Et lorsque l’on se force à faire des choses qui ne correspondent pas à notre fonctionnement de base, on s’use. Jusqu’au dégoût.

En réalité, je suis une autrice jardinière pure et dure. J’aime prévoir quelques détails en amont, mais je me sens bien plus à l’aise pour créer mon récit au fil de mes sessions d’écriture. Ça m’amuse de découvrir où mes personnages m’emmènent. Je dois aussi avouer que j’ai un faible pour la réécriture, contrairement à beaucoup d’auteurices (bon, j’imagine bien que j’en aurais UN PEU assez au bout de la 1000e lecture de mon premier roman).

Heureusement pour moi, j’ai découvert en décembre 2022 le blog de Mélany Bigot et notamment ses articles bilans de l’année (celui-là est mon préféré) ainsi que sa routine d’écriture parmi celles d’autres écrivains. J’ai ENFIN compris que même si je souhaitais un jour vivre de la vente de mes romans, la priorité absolue était de m’amuser en écrivant mes histoires et non pas d’écrire pour le plaisir d’être publiée ou pour gagner l’argent. Mélany est passée par une phase similaire où elle ne réussissait plus à écrire, et ce n’est qu’en reprenant sa fanfiction X-Men, dont elle serait la seule lectrice, qu’elle a remis le pied à l’étrier.

Je me suis tout d’abord demandé depuis quand j’avais écrit pour moi la dernière fois, sans aucune velléité de publication ou d’appréciation d’un public que je n’ai pas encore. La réponse était depuis le projet presque-Bradbury, ce qui commence sérieusement à dater (2016-2017 pour les plus anciens lecteurs de ce blog). Ces derniers temps, j’étais si obsédée par le fait que tout ce que je devais écrire devait être publiable à un moment donné que j’en ai même laissé tomber des fanfictions ou des histoires rien que pour moi, ayant jusqu’à avoir honte de les avoir écrites. Ce qui est totalement débile, vu que l’on écrit pour soi avant tout.

Elle a aussi une approche intéressante, à savoir d’établir sa bibliographie de tout ce qu’elle a écrit, même si elle n’a pas publié tous les textes. C’était quelque chose que je n’avais jamais fait, pensant naïvement qu’elle n’était valide que pour des ouvrages auto publiés ou publiés dans une maison d’édition traditionnelle. Sauf qu’elle a parfaitement raison : ce n’est pas parce que l’on n’a pas publié dans le circuit habituel que l’on n’en est pas moins un écrivain qui a produit une œuvre (la qualité n’importe pas ici). 

J’ai donc décidé de l’imiter et je suis fière de vous dire que j’ai achevé exactement 37 textes depuis 2014 ! J’ai également repris le recueil de nouvelles du projet presque-Bradbury que j’avais proposé ici au téléchargement et je l’ai imprimé l’année dernière par l’imprimeur Lulu pour moi et mes proches. Jolie performance en moins de 10 ans d’écriture !

J’ai donc décidé qu’en 2023, j’écrirais d’abord pour moi, que cela soit publiable en maison d’édition classique ou non. C’est angoissant d’un côté, car cela me donne l’impression de renoncer à mon rêve de pouvoir vivre de l’écriture. Mais de l’autre, je pense que c’est vital pour pouvoir retrouver un plaisir à écrire et non pas une angoisse permanente dès que je m’installe devant une feuille blanche. J’ai ainsi commencé à reprendre depuis le premier janvier une histoire “exutoire” qui n’est destinée qu’à moi et que j’avais commencé à écrire en 2015. Je dois dire que je m’éclate, je fais des références à la mythologie nordique, à la maîtrise des éléments, bref, je fais mon mix personnel pour que cela me plaise à moi ^^ J’ai déjà une partie de la trame dans ma tête et j’ai hâte de découvrir comment mon imagination va compléter le reste !

Bref, mon conseil pour 2023 si tu es resté jusque là : écris avant tout pour toi, éclate-toi et si tu peux le publier ensuite, ça sera la cerise sur le gâteau !

Remise à zéro

Si vous me suivez depuis longtemps, vous savez qu’il y a eu d’autres articles avant celui-ci. Pas de panique, j’ai tout gardé en brouillon et j’aviserai si jamais je souhaite en republier en partie ^^ Cependant, j’avais besoin de renouveau et ce blog en a fait les frais.

Depuis 2018, il s’en est passé des choses, que ce soit de votre côté ou du mien. Que vous est-il arrivé ? Pour ma part, les difficultés familiales, le Covid 19 et plusieurs changements de postes dans mon travail salarié m’ont amené à ne plus vouloir alimenter ce blog. Pire, j’envisageais sérieusement de le supprimer.

Cependant… il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis ! Ayant fait une overdose de réseaux sociaux et de développement personnel un peu plus tôt dans l’année (j’en parlerai plus longuement dans un article), j’ai décidé d’un même élan de tout virer : comptes Facebook et Instagram, ainsi que tous les livres qui me tapaient sur les nerfs. Cela m’a fait un bien fou ! Je me suis alors souvenue de ce blog à l’abandon et j’ai décidé de le reprendre, pour garder un espace d’expression.

Bilan de ces dernières années en matière d’écriture :

  • Histoires terminées : zéro.
  • NaNoWriMos réussis avec succès : zéro.
  • Nombre de mots écrits : zé… non, j’exagère, j’ai quand même écrit quelques milliers de mots au fil des différents NaNo ^^’

Je parle de ça avec humour, mais ce n’est, en réalité, pas tout à fait la joie. L’année suivant l’arrêt de ce blog, je suis tombée dans une dépression sévère qui m’a paralysée pendant de longs mois, et dont je ne suis pas encore sortie à l’heure actuelle. Cela va heureusement mieux, mais mon perfectionnisme à outrance est une des (petites) causes de cet écroulement.

J’ai donc décidé que, la nouvelle année approchant, j’allais arrêter au maximum de me mettre la pression pour produire quoi que ce soit. J’ai encore de sacrés travers (dont certains qui m’ont percuté le jour même où j’écris cet article !), mais j’espère qu’avec toutes ces cogitations, je ne pourrais aller que mieux !

Pour conclure, je recommencerai à alimenter ce blog tout doucement. Je vise un objectif d’un article par mois, tant sur l’écriture que mes réflexions personnelles de ces dernières années, le tout sans me mettre de pression pour ne pas me sentir obligée de produire pour produire. Écrire pour moi et m’amuser, telle est ma devise pour 2023.

Sur ce, passez d’excellentes fêtes de fin d’année et on se revoit l’année prochaine :)